S'il est une chose vulgaire, c'est bien l'atavisme du goût du syndicaliste pour le tract contre-productif.
Je ne suis pas anti-syndicaliste primaire (ni même à quelque degré que ce soit), mais il faut reconnaitre que les tracts syndicaux sont plus une source d'amusement qu'autre chose, et cela tient à trois raisons.
La première, c'est la mise forme. Il est entendu que les syndicalistes ne sont pas des experts graphistes et n'ont pas forcément de qualification en matière d'imprimerie, mais cela confine souvent au ridicule : couleurs criardes, polices horribles, etc. Je concède toutefois que, probablement grâce à la maîtrise croissante d'outils informatiques d'édition, ce point est en net recul.
La seconde, c'est la syntaxe. Je ne suis moi-même pas exempt de faire des fautes, mais je ne représente personne d'autre que moi, et je n'ai pas de relecteur sous la main. Quand j'ai en main le tract d'un syndicat de l'enseignement supérieur ou de la recherche et que j'y trouve des fautes, je suis atterré ! Et c'est très (trop) souvent le cas.
Enfin, certainement le point le plus sensible, il y a l'argumentation. J'ai beau être sensible par nature aux revendications syndicales, les simplifications, exagérations et déformations les plus outrancières y sont tellement courantes que ça ne donne vraiment pas envie de les soutenir. Je regrette terriblement de ne pas avoir gardé un exemplaire d'un tract que j'ai récemment eu entre les mains, et où en gros on apprenait que la France est une dictature sanglante et répressive, avec de vagues lueurs de démocratie défendues par les auteurs du tract.
Le tout étant distribué par ceux qui sont parfois des caricatures vivantes de « gauchos » ; quand on ajoute à cela le fait que parmi les syndicalistes il y a aussi de lamentables individus qui ne sont là que pour bénéficier de places acquises par le syndicat - probablement une minorité d'individus, mais comme toujours les plus visibles - qui s'étonne encore que les syndicats aient si peu de succès en France ? Ce qui est d'autant plus dommageable que les syndicats ont un rôle crucial à jouer !
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mardi, octobre 31, 2006
mardi, octobre 04, 2005
C'est amusant ...
Évidemment, quelques jours après ma diatribe sur les grèves, à quoi assiste-t-on ?
- Des syndicats qui squattent un bâteau qui ne leur appartient pas, et s'étonnent de voir débarquer le GIGN.
- Une petite grève nationale, pour garder la forme.
Bon, le service minimal semble tenir le choc ... pour l'instant ! J'affute mes piquets en attendant ...
- Des syndicats qui squattent un bâteau qui ne leur appartient pas, et s'étonnent de voir débarquer le GIGN.
- Une petite grève nationale, pour garder la forme.
Bon, le service minimal semble tenir le choc ... pour l'instant ! J'affute mes piquets en attendant ...
vendredi, septembre 23, 2005
Les grèves
J'ai longuement hésité avant de poster ce message. Car s'attaquer aux grèves est un exercice périlleux, tant l'on considère que la grève est sacrée. Tentons quand même, et plongeons-nous dans l'étude de ce désormais inéluctable évènement trimestriel.
Qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas écrit : le droit de grève est important. Il s'agit du droit d'exprimer son profond désaccord, à tel point qu'on ne veut plus travailler en étant conscient que cela entraine le non-paiement ! Mais alors, qu'est-ce qui me gêne dans les grèves ?
Je passerai rapidement sur le fait que l'utilisation systématique de la grève nuit à son impact, puisqu'elle passe du statut de dernier recours à celui de premier moyen. C'est un lieu commun, alors poursuivons sur ce que je hait plus particulièrement.
D'abord, je ne cesserai jamais d'être ébaubi par l'aplomb avec lequel les grévistes considèrent que le droit de grève est aussi le droit d'immobiliser les biens de productions. Depuis que la grève existe, les mises au piquet et la conspuation des « jaunes » viennent affirmer le mépris le plus total du droit d'autrui. Car il faut l'admettre : il y a toujours quelqu'un de plus malheureux que soi, qui ira travailler (probablement pour plus cher, d'ailleurs), amenuisant l'impact de la grève par rapport à une immobilisation totale. Oui, mais voilà, c'est légitime.
À moins que l'on ne change radicalement d'orientation politique - mais ce n'est pas la tendance ; et finalement ceux qui s'en réclament voient leurs velléités démocratiques s'amenuiser quand la volonté de la majorité ne va pas dans leur sens - chacun est libre de travailler, et d'une certaine façon puisque le mot d'ordre est que nous vivons dans une société de consommation, on est libre de consommer le travail qui nous plait. S'il ne plait plus à certains, il plaira à d'autres ; et s'il ne plait plus à personne, il disparaitra, ou sera revalorisé.
En conséquence, le service minimum dans les transports en commun, par exemple, me semble tout à fait nécessaire. Le coût en sera du reste élevé ; mais il assurera la bonne santé de la société. L'utilisation de la grève comme moyen de pression non plus sur le seul employeur, mais sur la masse populaire me fait toujours penser à une violente altération de la démocratie. En particulier quand la grève se termine par la demande du paiement des jours grévés.
Alors le prochain qui fait grève, je le plante à son piquet !
Qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas écrit : le droit de grève est important. Il s'agit du droit d'exprimer son profond désaccord, à tel point qu'on ne veut plus travailler en étant conscient que cela entraine le non-paiement ! Mais alors, qu'est-ce qui me gêne dans les grèves ?
Je passerai rapidement sur le fait que l'utilisation systématique de la grève nuit à son impact, puisqu'elle passe du statut de dernier recours à celui de premier moyen. C'est un lieu commun, alors poursuivons sur ce que je hait plus particulièrement.
D'abord, je ne cesserai jamais d'être ébaubi par l'aplomb avec lequel les grévistes considèrent que le droit de grève est aussi le droit d'immobiliser les biens de productions. Depuis que la grève existe, les mises au piquet et la conspuation des « jaunes » viennent affirmer le mépris le plus total du droit d'autrui. Car il faut l'admettre : il y a toujours quelqu'un de plus malheureux que soi, qui ira travailler (probablement pour plus cher, d'ailleurs), amenuisant l'impact de la grève par rapport à une immobilisation totale. Oui, mais voilà, c'est légitime.
À moins que l'on ne change radicalement d'orientation politique - mais ce n'est pas la tendance ; et finalement ceux qui s'en réclament voient leurs velléités démocratiques s'amenuiser quand la volonté de la majorité ne va pas dans leur sens - chacun est libre de travailler, et d'une certaine façon puisque le mot d'ordre est que nous vivons dans une société de consommation, on est libre de consommer le travail qui nous plait. S'il ne plait plus à certains, il plaira à d'autres ; et s'il ne plait plus à personne, il disparaitra, ou sera revalorisé.
En conséquence, le service minimum dans les transports en commun, par exemple, me semble tout à fait nécessaire. Le coût en sera du reste élevé ; mais il assurera la bonne santé de la société. L'utilisation de la grève comme moyen de pression non plus sur le seul employeur, mais sur la masse populaire me fait toujours penser à une violente altération de la démocratie. En particulier quand la grève se termine par la demande du paiement des jours grévés.
Alors le prochain qui fait grève, je le plante à son piquet !
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